Qu'est-ce que la dépense énergétique ?

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Mieux comprendre la dépense énergétique pour mieux atteindre ses objectifs sportifs !

 

Que l’on fasse du sport pour rester en forme, pour perdre du poids ou pour améliorer ses performances, la dépense énergétique est souvent évoquée,  sans que l’on soit vraiment sûrs de sa signification…

Et si on redéfinissait les basiques ?

 

Les outils qui vous aident :

-       La balance impédancemètre connectée qui vous permet d’estimer votre composition corporelle

-       Les conseils de la nutritionniste Aptonia

-       La montre d’entraînement qui vous informe sur vos calories brûlées en temps réel

 


SOMMAIRE

La dépense énergétique, quésaco ?

Calculez votre métabolisme de base !

Comprendre les différentes dépenses énergétiques de notre corps, pour quoi faire ?

Bibliographie

 

La dépense énergétique, quésaco ?

Quel que soit le moment de la journée, le corps dépense de l’énergie pour vivre.

La dépense énergétique varie donc au cours de la journée (activité physique, digestion, etc.), au cours de la vie (croissance de l’enfant, grossesse, etc.) et, même au repos, elle n’est pas identique chez tous les individus (3).

En effet, la dépense énergétique dépend de la masse corporelle, du rendement et de l’efficacité du mouvement, ce qui rend difficile la comparaison entre individus (1).

On estime que la dépense énergétique quotidienne résulte principalement de trois métabolismes majeurs :

les dépenses liées au repos

les dépenses liées à l’activité physique

les dépenses liées à la digestion

 

 

Répartition générale de la dépense énergétique journalière

 

(McArdle et coll.(2) modifié, 1996, p. 152)

 

 

Calculez votre métabolisme de base !

Habituellement, les mesures de la dépense énergétique ne calculent que le métabolisme de repos.

Pourquoi ? Tout simplement parce que, contrairement aux dépenses liées à l’activité physique ou à la digestion, les dépenses énergétiques liées au repos varient peu.

 

Le métabolisme de repos se divise en 3 sous-parties :

-       le métabolisme de base (voir ci-dessous)

-       le métabolisme d’éveil : les dépenses que le corps fait quand il est éveillé mais pas en activité (ex. : position assise)

-       le métabolisme de sommeil : les dépenses que le corps fait quand on dort

 

Concentrons-nous sur le plus fondamental : le métabolisme de base.

Concrètement, le métabolisme de base se définit par la quantité minimale d’énergie nécessaire pour assurer l’essentiel des fonctions vitales de notre organisme (définition de DuBois, début du XXeme siècle).

Il s’agit donc du minimum vital dont le corps a besoin pour survivre.

Le métabolisme de base représente 45 à 70% de nos dépenses journalières (3) et il diminue d'environ 10% pendant le sommeil (4). Il est généralement plus faible chez la femme et diminue avec l’âge (2).

 

On le mesure en position allongée, après au minimum 8 heures de sommeil et 12h de jeûne (5). On comprend mieux pourquoi le métabolisme de base n'est généralement mesuré que sur décision du corps médical…

Toutefois il peut être estimé à l’aide d’équations dont certaines prennent en compte l’âge, le poids, le sexe et la taille.
Mais attention, ces équations proposent une estimation indicative et sont difficilement généralisables à l’ensemble de la population(6).

Par manque de solution fiable, l’Organisation Mondiale de la Santé et l’Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture ont choisi de garder l’utilisation des équations de Schofield 1985, qui s’adaptent à différentes tranches d’âge (3) :

 

 

Équation d’estimation du métabolisme de base (MB) en fonction du poids de corps (P).

 

HOMMES FEMMES
ÂGE/ANNÉES MB : KCAL/JOUR ÂGE/ANNÉES MB / KCAL/JOUR
<3 59,512*P - 30,4 <3 58,317*P - 31,1
3-10 22,706*P + 504,3 3-10 20,315*P + 485,9
10-18 17,686*P + 658,2 10-18 13,384*P + 692,6
18-30 15,057*P + 692,2 18-30 14,818*P + 486,6
30-60 11,472*P + 873,1 30-60 8,126*P + 845,6
>60 11,711*P + 587,7 >60 9082*P + 658,5

(Schofield (7) 1985, modifié)

 

 Grâce à ce tableau, vous pourrez obtenir une estimation du nombre de kilocalories (1 kcal = 1000 calories = 1 Cal) nécessaires à votre corps pour assurer les fonctions de base sur une journée.

Par exemple, si vous êtes une femme de 25 ans et pesez 60 kg, votre métabolisme de base sera de :

14,818 * 60 + 486,6 = 1376 kcal/jour

 

 

Comprendre les différentes dépenses énergétiques de notre corps, pour quoi faire ?

Observons les deux schémas suivants :

 

 

Répartition en %  du poids de différents organes sur le poids total

 

 

 

 

Répartition en % de la dépense énergétique de repos entre différents organes

 

 

On constate qu’il existe une grosse différence entre le poids de certains organes et l’énergie qu’ils consomment (8).

 

Par exemple, à eux seuls, le cœur, les reins, le cerveau et le foie assurent environ 60% des dépenses énergétiques de repos mais ne correspondent qu’à 5-6% du poids total du corps (9).

À contrario, la masse musculaire et la masse grasse n’assurent en moyenne que 21% des dépenses énergétiques alors qu’ils représentent environ 51% de notre poids total !

 

▶ En résumé : que vous souhaitiez perdre de la graisse, prendre de la masse musculaire ou atteindre l’équilibre pondéral, vous vous attaquez à environ la moitié du poids de votre corps ! Malheureusement, au repos, les muscles et la graisse ne consomment que très peu d’énergie…

 

 La solution ? Pratiquer une activité sportive et apprendre à gérer son ratio apports-dépenses énergétiques via l’alimentation en fonction de son objectif :

- Prise de masse musculaire/poids : l’apport en énergie doit être supérieur aux dépenses - mais de manière maîtrisée afin de pas booster le stockage de graisses - en lien avec une activité sportive adaptée.

Donc : dépense énergétique < Apport alimentaire

- Perte de graisse/poids : l’apport en énergie doit être inférieur aux dépenses, de manière maîtrisée également, afin de ne pas perdre de muscle.

Donc : dépense énergétique > Apport alimentaire

- Maintien de poids ou équilibre pondéral : l’apport énergétique est égal aux dépenses

Donc : dépense énergétique = Apport alimentaire

 

Tanguy DAVIN

Ingénieur Recherche et Développement, Decathlon SportsLab

 


 

Bibliographie :

(1) SCHUTZ, Yves, WEINSIER, Roland L., et HUNTER, Gary R. Assessment of free‐living physical activity in humans: an overview of currently available and proposed new measures. Obesity Research, 2001, vol. 9, no 6, p. 368-379.

 

(2) MCARDLE, William D., KATCH, Frank I., et KATCH, Victor L. Exercise physiology: nutrition, energy, and human performance. Lippincott Williams & Wilkins, 1996.

 

(3) UNITED NATIONS UNIVERSITY et WORLD HEALTH ORGANIZATION.Human Energy Requirements: Report of a Joint FAO/WHO/UNU Expert Consultation: Rome, 17-24 October 2001. Food & Agriculture Org., 2004.

 

(4) PASSMORE, R. et DURNIN, J. V. G. A. Human energy expenditure. Physiol Rev, 1955, vol. 35, no 4, p. 801-840.

 

(5) MCNAB, Brian K. On the utility of uniformity in the definition of basal rate of metabolism. Physiological and Biochemical Zoology, 1997, vol. 70, no 6, p. 718-720.

 

(6) En effet, pour la majorité des formules proposées, des études ont démontré leur faible précision pour certaines ethnies et types de populations.
Source : HENRY, C. J. K. Basal metabolic rate studies in humans: measurement and development of new equations. Public health nutrition, 2005, vol. 8, no 7a, p. 1133-1152.

 

(7) SCHOFIELD, W. N., SCHOFIELD, Claire, et JAMES, William Philip Trehearne.Basal metabolic rate: review and prediction, together with an annotated bibliography of source material. J. Libbey, 1985.

 

(8) Les différents organes du corps ont chacun une consommation d’énergie différente : le cœur et les reins (440 kcal/kg/j), le cerveau (240 kcal/kg/j) et le foie (200 kcal/kg/j). En comparaison, les muscles au repos ou les tissus contenant de la graisse ont une consommation très faible d’énergie, 13kcal/kg/j pour le muscle et 3 fois moins pour la graisse (4,5 kcal/kg/j).     
Source : ELIA, Marinos. Organ and tissue contribution to metabolic rate. Energy metabolism: tissue determinants and cellular corollaries, 1992, vol. 1992, p. 19-60.
 

(9) WANG, ZiMian, HESHKA, Stanley, ZHANG, Kuan, et al. Resting energy expenditure: systematic organization and critique of prediction methods.Obesity research, 2001, vol. 9, no 5, p. 331-336.

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